Notes Technique Radio 3 — Décibel, filtres RC/LC/RLC, diodes & transistors

Suite de la série de notes techniques HAREC. Voir les pages précédents pour les chapitres 0-3. Cette page couvre les chapitres 4, 5 et 6.

4. Décibel, circuits R-C / L-C / RLC, loi de Thomson

4.1 Le décibel

Le décibel (dB) exprime un rapport entre deux grandeurs de même nature — en pratique presque toujours un rapport de puissances à l'examen HAREC.

$$\text{Gain (dB)} = 10\log\left(\frac{P_s}{P_e}\right) \qquad\qquad P_s = 10^{(\text{dB}/10)} \times P_e$$

Table de conversion à mémoriser (base de tout calcul rapide sans calculatrice) :

dBRapportdBRapport
0×110×10
3×220×100
6×430×1 000
7×540×10 000
9×850×100 000

Méthode : décomposer le nombre de dB en dizaines (→ puissance de 10) + unités (→ table ci-dessus). Exemple : 26 dB = 20 dB (×100) + 6 dB (×4) → rapport = 400.

Quand le rapport est exprimé en tension (et non en puissance), le facteur devient 20 au lieu de 10 :

$$\text{Gain (dB)} = 20\log\left(\frac{U_s}{U_e}\right) \qquad \text{(valable seulement si } Z_e = Z_s\text{)}$$

$$\text{sinon : } \text{Gain (dB)} = 20\log\left(\frac{U_s}{U_e}\right) + 10\log\left(\frac{Z_e}{Z_s}\right)$$

Un rapport de tension de 2 correspond à un rapport de puissance de 4, soit un gain de 6 dB (double de 3 dB, effet du logarithme sur le carré).

4.2 Circuits R-C (filtres passe-haut / passe-bas)

À la fréquence de coupure, $Z_C = R$, d'où :

$$f_c = \frac{1}{2\pi RC}$$

Mnémotechnique du schéma : si la masse est en bas, un condensateur placé en bas du schéma → filtre passe-bas ; condensateur en haut → filtre passe-haut.

4.3 Circuits L-C (résonance)

Contrairement aux filtres R-C, les circuits L-C présentent un phénomène de résonance (montage série ou parallèle/"circuit bouchon"). À la résonance, $Z_L = Z_C$ (loi de Thomson) :

$$f_0 = \frac{1}{2\pi\sqrt{LC}} \qquad\qquad \text{formule simplifiée : } f_0(\text{MHz}) = \frac{159}{\sqrt{L(\mu\text{H}) \cdot C(\text{pF})}}$$

Pour doubler $f_0$ : diviser $L$ ou $C$ par 4. Pour diviser par 3 $f_0$ : multiplier $L$ ou $C$ par 9 (effet de la racine carrée).

Ordre du filtre et pente d'atténuation — chaque élément réactif (bobine ou condensateur) apporte 6 dB/octave (20 dB/décade) :

Ordre du filtreÉléments actifsPente
1 (R-C simple)16 dB/octave
2 (une cellule L-C)212 dB/octave
$n$$n$$6n$ dB/octave

4.4 Circuits RLC (résonateurs non parfaits)

En pratique un circuit L-C a toujours une résistance parasite $R$ (résistance du fil de la bobine principalement). Cela ne change pas la fréquence de résonance mais fixe une impédance finie (non nulle/infinie) à $f_0$ :

MontageImpédance à la résonance
Série (R en série avec L,C)$Z_{série} = R$ (minimum)
Bouchon (R en série avec L, monté // C)$Z_{bouchon} = \dfrac{L}{RC}$ (maximum)
Parallèle (R franchement en //)$Z_{parallèle} = R$ (maximum)

Facteur de qualité $Q$ : rapport entre l'énergie stockée et l'énergie dissipée — plus $Q$ est élevé, plus le circuit est sélectif et son oscillation s'amortit lentement.

$$Q = \frac{\sqrt{L/C}}{R} \qquad \text{(circuits série et bouchon)} \qquad\qquad Q_{parallèle} = \frac{R}{\sqrt{L/C}}$$

Bande passante à −3 dB :

$$B = \frac{f_0}{Q}$$

Plus $Q$ est grand, plus le filtre est étroit et sélectif (flancs raides, meilleur rejet des fréquences voisines). Pour un circuit bouchon, $Q$ est aussi appelé coefficient de surtension : la tension crête aux bornes du circuit à résonance peut être très supérieure à la tension d'entrée.

Sélectivité et facteur de forme — au-delà d'une seule cellule, la courbe réelle se caractérise par :

$$S(%) = \frac{B_{-3\text{dB}}}{\delta f_{-60\text{dB}}} \times 100 \qquad\qquad F = \frac{1}{S} = \frac{\delta f_{-60\text{dB}}}{B_{-3\text{dB}}}$$

Plus $S$ se rapproche de 100 % (F → 1), plus les flancs du filtre sont raides.

Instruments de mesure de fréquence par résonance (culture générale exam)

4.5 Filtres en Π et en T

4.6 Formules complémentaires (utiles mais secondaires)

Ce paragraphe regroupe des variantes algébriques de la loi de Thomson. À connaître surtout : le calcul de $R$ à partir de $L$, $C$ et $Q$, qui apparaît régulièrement à l'examen.

$$C(\text{pF}) = \frac{25,330}{f(\text{MHz})^2 \cdot L(\mu\text{H})} \qquad L(\mu\text{H}) = \frac{25,330}{f(\text{MHz})^2 \cdot C(\text{pF})}$$

$$X_L = X_C = \sqrt{L/C}\ \text{(à la résonance)} \qquad\qquad R_{série} = R_{bouchon} = \frac{\sqrt{L/C}}{Q} \qquad\qquad R_{parallèle} = Z_{bouchon} = \sqrt{L/C}\cdot Q$$


Section B — Les composants actifs et leurs montages

5. Les diodes et leurs montages

5.1 Principe

Une diode ne laisse passer le courant que dans un sens (de l'anode vers la cathode, sens P→N). En sens inverse, sa résistance est très élevée (centaines de kΩ). Formée de deux cristaux semi-conducteurs (silicium ou germanium) dopés N et P accolés.

5.2 Caractéristiques

Dopage N
Ajout d'électrons libres (impuretés type antimoine, arsenic).
Dopage P
Ajout de "trous" — manque d'électrons (impuretés type bore, gallium).
Jonction
Frontière entre les zones P et N ; sans tension appliquée, une barrière de potentiel très résistante s'y forme naturellement.

5.3 Montages courants

Redressement mono-alternance : une seule diode, une seule alternance passe.

Redressement double alternance, deux solutions :

MontageAvantageInconvénient
Transformateur à point milieu + 2 diodeschute de tension simple (1 diode)transformateur plus cher/encombrant
Pont de diodes (pont de Graetz) + transfo classiquetransformateur standardchute de tension double (2 diodes en série)

Un condensateur électrochimique de filtrage suit systématiquement le pont pour lisser la tension redressée.

Types de diodes spécialisées :

TypeFonctionRepère
Varicapcondensateur variable commandé en tension (montée en inverse)double trait sur la cathode
Zenerstabilisateur de tension (montée en inverse, "soupape")forme en Z
LEDémission de photon à la recombinaison (rouge ≈2V, vert ≈3V, bleu ≈3,3V)éclair/flèches
PINcommutateur HF (couche intrinsèque non dopée entre P et N)
Schottkycommutation très rapide, seuil bas (0,25V), mélangeurs HFmétal-semiconducteur

Dans les calculs d'examen ANFR, la chute de tension dans les diodes n'est pas prise en compte pour la tension de sortie d'un circuit, sauf mention contraire explicite.

5.4 Alimentation régulée

Après le pont de diodes et le condensateur de filtrage, on trouve un étage de stabilisation (diode Zener, montée en parallèle sur la charge) et/ou de régulation (transistor "ballast" monté en série, en collecteur commun, piloté par une référence stabilisée).


6. Les transistors et leurs montages

6.1 Le transistor bipolaire

Constitué de deux jonctions tête-bêche : NPN ou PNP (NPN le plus courant). Trois électrodes :

Mnémotechnique : "PNP" → la flèche Pénètre ; "NPN" → Ne Pénètre pas.

6.2 Gain du transistor

$$I_c = \beta \cdot I_b \qquad\qquad I_b = \frac{I_c}{\beta}$$

$\beta$ (aussi noté $h_{FE}$) est un simple coefficient multiplicateur (à ne pas confondre avec un gain en dB). Il augmente avec la température (risque d'emballement thermique) et diminue avec la fréquence — la fréquence de coupure du transistor correspond à une chute du gain à 70 % de sa valeur en continu (soit −3 dB).

Exemple : $\beta=80$, $I_b = 500,\mu\text{A}$ → $I_c = 500,\mu\text{A} \times 80 = 40,\text{mA}$.

6.3 Les trois montages fondamentaux

MontageÉlément communGain intensitéGain tension$Z_{entrée}$$Z_{sortie}$Déphasage
Émetteur communémetteur$\beta$ (élevé)élevémoyenne (~100 Ω)élevée (kΩ)180° (inversion)
Collecteur commun ("émetteur suiveur")collecteur$\beta+1$ (élevé)≈1 (légèrement < 1)élevée (kΩ)faible (dizaines Ω)aucun
Base communebase≈1 (aucun gain courant)élevéfaible (dizaines Ω)élevée (kΩ)aucun

Le montage émetteur commun est de loin le plus utilisé (bon gain en courant et en tension). Le collecteur commun ("suiveur") sert d'adaptateur d'impédance (attaque de haut-parleur, étages "ballast" d'alimentation). Le base commune, peu utilisé, sert d'amplificateur de tension pur.

En commutation (bloqué-saturé), les notions de gain et d'impédance n'ont plus de sens.

6.4 Transistors à effet de champ (FET)

Fonctionnement plus proche d'un tube électronique que du transistor bipolaire (pas de recombinaison trou-électron → moins de bruit). Trois électrodes : source (entrée), drain (sortie), grille/porte (commande).

Autres composants apparentés : thyristor (anode/cathode/gâchette, amorçage irréversible en courant continu), triac (deux thyristors tête-bêche, pour courant alternatif), UJT (rare, remplacé par le thyristor).

6.5–6.6 Tubes thermoïoniques

Encore utilisés dans certains amplificateurs de puissance :

TubeÉlectrodesPrincipe
Diode thermoïoniquecathode chauffée + anodeémission thermoïonique, seul tube explicitement au programme
Triode+ grille de commandeéquivalent tube du transistor ; "pente" = $I_p/V_g$
Tétrode+ grille écranréduit l'effet capacitif grille-plaque en HF
Pentode+ grille suppresseuseévite le retour d'électrons secondaires vers l'écran

Fin de cette page. Couvre les chapitres 4, 5 et 6. Suite dans notes-technique-radio-4 : amplificateurs/oscillateurs/mélangeurs (ch. 7), amplis opérationnels et logique (ch. 8), propagation et antennes (ch. 9). Lien du cours de base

  1. Rappels d'algèbre — Lois d'Ohm et de Joule link1
  2. Courants alternatifs, bobines, condensateurs — Transformateurs, piles, galvanomètres link2
  3. Décibel, circuits R-C / L-C / RLC — Diodes — Transistors link3
  4. Amplis/oscillateurs/mélangeurs — AOP et logique — Propagation et antennes link4
  5. Lignes de transmission et adaptation — Synoptiques — Types de modulation link5