Expériences de pensée
J'ai souvent hésité à écrire cette lettre, et je décide aujourd'hui d'écrire dans cette page orpheline. C'est surtout pour moi vent et pouvoir me relire quand je doute, suis perdue ou énervée.
Je m'appelle Marie, je suis une femme transgenre de 21 ans, j'ai commencé ma transition le 1er septembre 2024, jour de ma rentrée en école d'ingénieure. Mes plus lointains souvenir concernant mes questions de genre remontent à quand j'étais à l'école primaire. Je me souviens être jalouse des filles au centre aéré qui se maquillaient entre elles, avaient leurs codes et leurs groupes desquels j'étais exclue de par mon genre. J'étais aggressive et jalouse, j'essayais souvent de tout faire capoter parce que je ne pouvais pas "en tant que garçon" faire comme elles ; malgré plusieurs invitations à me faire maquiller ou vernir les ongles par elles. J'ai aussi le souvenir de m'être cachée en fondant en larme quand, un dimanche après-midi, l'émission sept à huit passait un reportage sur les enfants transgenre. A l'époque, je ne comprenais pas la réaction alergique que j'avais eu, maintenant si.
Toute ma vie jusqu'à très tard, je réprimais ma haine et ma frustration sur internet, j'ai fait parti des Charles de twitter, j'ai été dans les commu du fofo (horrible commu d'ailleurs). Tout mon entourage se détestaient les uns les autres, tout le monde resemblait à "qui ira le plus loin pour exprimer sa fristration et faire du mal aux autres". Je me suis longtemps considérée comme une personne affreuse et intolérente. Je m'étais entourée de personnes toutes aussi affreuses et intolérantes envers tout le monde parce que j'y avais trouvé une communauté dans laquelle je me reconnaissais, je connaissais les codes et dans laquelle j'étais en contrôle.
Pendant mon lycée, j'étais allée au camping dans le sud avec mes parents. Dans le camping, je m'étais trouvé un groupe d'ami de vacances, des personnes sympathique avec qui passer les vacances, hors de la sphère restrictive de mes parents. Nous étions 4, deux filles ci, un boug cis et moi-même. L'une des deux filles m'avait fait essayé sa jupe un soir, dans la nuit, après que j'ai maladroitement rigolé dessus toute une journée. C'était un bon délire entre nous, mais étrangement je sentais que c'était plus profond et que ça avait réglé quelque chose en moi. A la rentrée des classes suivante, j'ai réalisé ma solitude puis pris la décision que je devais retravailler sur moi-même, quitter les cercles sociaux qui entretiennent la haine des autres, et essayer de petit à petit reconstruire ma capacité à me construire IRL après des années d'isolement social à me réfugier sur internet, les forums et autres serveurs discord.
Un an après, j'ai pris la décision de quitter le Pas-de-Calais et le domicile famillial à 17 ans pour aller faire une prépa à Clermont-Ferrand. Là bas j'ai pu recommencer à 0 ma vie social. Certes, j'étais quand même bien bizarre et pas forcément super appréciée, mais les gens avaient une vision de moi beaucoup plus humaine et ouverte. Alors j'ai fait quelques bonnes rencontre, je me suis constituée un petit groupe d'ami et je me suis ouverte en apaisant mon coeur.
Durant ma seconde année de prépa, j'ai rencontré Alix, une personne formidable qui m'a soutenue et me soutient, qui me recadre quand j'en ai besoin et qui est là quand je veux un peu de réconfort. J'ai aussi rencontré Ana, première femme dont je suis vraiment tombée amoureuse, puis Thalie qui m'a permise d'être plus humaine et m'ouvrir encore. C'est elle qui m'a fait réaliser que je suis transgenre et que c'est parfaitement ok, que je ne suis pas doom pour la vie entière. Elle m'a accompagné pour mon premier rendez-vous pour ma transition médicale, elle m'a faite bouger de Clermont-Ferrand à Lyon pour mon cursus d'ingénieur et m'a fait commencer à apprécier la vie de façon générale. Ces trois personnes font fondamentale dans ma vie actuelle.
Arrivée à Lyon, j'ai commencé ma transition médicale le 01-09-2024, puis les cours. M'étant ouverte irl, même mes relations sur interner étaient super. Même si socialement je reste isolée, je continue ma petite vie, je vais en soirée, je fais la fête avec mon école à fond ! Pour ma deuxième année, j'ai passé mon premier semestre en Suède ; c'était affreux et j'étais particulièrement suicidaire et mal là bas, je n'y retournerais pas dee ci-tôt. Le second semestre de cette année est lui, beaucoup plus joyeux ! J'ai rencontré plein de joli monde, fait des soirées où j'ai pu me out et être moi-même, je me suis out à la plupart des personnes que je fréquente, et je suis beaucoup plus entourée de personnes aimant et qui m'apprécient en retour. Même si la dimension publique est plus difficile, ça va toujours dans le bon sens !
J'aurai tant à dire sur la période actuel mais c'est pour une prochaine fois !